LES CORSES ET LES KANAKS ?

Le tiers-mondisme dominant le nationalisme corse depuis un demi-siècle s’extasie devant la situation kanake, cherchant là-dedans quelque raison d’espérer une éventuelle autonomie jumelle. C’est qu’il confond la revanche des peuples extra-européens face à l’ancien colonisateur avec la nécessaire lutte pour la conservation des ethnies autochtones d’Europe. Deux histoires différentes. Deux univers différents. Deux légitimités différentes. La volonté du tiers-mondisme de calquer la défense des vieux peuples caucasiens sur le modèle anticolonial a fait son temps et est aussi absurde historiquement que stérile politiquement. Historiquement absurde car les Corses ne sont pas un peuple extra-européen ayant découvert la modernité occidentale par l’annexion française de 1769. Les Corses sont des caucasiens de culture chrétienne qui ont évolué de concert avec tous les autres peuples européens depuis l’Antiquité gréco-latine. Ils ont participé et profité du même processus de civilisation que les autres Européens : Moyen-âge chrétien, Renaissance, Lumières. C’est pour cela qu’ils donnèrent à la France une dynastie impériale et pléthores de grands hommes d’Etat. Ils participèrent ensuite, comme les autres Occidentaux, à la révolution industrielle, à la colonisation (très activement) et à la société de consommation. Trop souvent par l’exil d’ailleurs. Tel ne fut pas le destin des véritables colonies, africaines comme asiatiques, qui elles ont une toute autre histoire.

Politiquement stérile car l’élite parisienne sait parfaitement que les Corses n’ont pas l’histoire de colonisés. Elle sait aussi une chose : les Corses sont blancs. Par conséquent, la culpabilité post-coloniale ne leur profitera jamais. Elle est de fait réservée aux peuples non-européens. Les nationalistes corses d’obédience tiers-mondistes ne le comprennent pas. Ils quémandent la même bienveillance, étonnés que l’on accorde aux Kanaks ce qu’on leur refuse à eux. Étonnés et toujours prêts à se compromettre aux côtés du premier gauchiste décolonial parisien venu en tentant de le convaincre du bien fondé de leur diatribe victimaire, quitte à en accepter toutes les exigences sociétales (théorie du genre, écriture inclusive, gauchisme culturel) pour lui donner des gages de fréquentabilité.

Nous voulons l’autonomie du peuple corse au sein de la France. Nous voulons la reconnaissance du peuple corse. Mais dans le cadre intellectuel et narratif qui est le nôtre : la défense d’une identité plurimillenaire pleinement insérée dans la civilisation européenne. Pas celle d’un peuple-victime au passé réécrit par quelque idéologue soixante-huitard pour inventer des Kanaks en pleine Méditerranée.

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